À la demande de l’association Les Amis de l’abbé Poupon, l’historien Joël Drogland a consacré une conférence au Service du travail obligatoire (STO), vendredi 18 avril 2025, dans la salle du CEREP à Sens. L’occasion de revenir sur cet épisode douloureux de l’Occupation, qui a bouleversé des centaines de milliers de vies.
Fondateur de La Savoyarde et du cinéma Le Brennus, l’abbé Jacques Poupon s’était porté volontaire pour le STO afin de protéger des jeunes séminaristes impliqués dans le balisage de terrains destinés aux parachutages. Convoqué le 18 août 1943, il fut envoyé à Plochingen, près de Stuttgart. Libéré le 10 avril 1945, il ne retrouva Sens que le 21 juillet.
Mis en place par l’Allemagne nazie avec la collaboration du régime de Vichy, le STO a conduit environ 650 000 Français à travailler outre-Rhin dans des conditions difficiles. Plus de 250 000 réfractaires se sont cachés pour échapper à cette contrainte, certains rejoignant les maquis.
Longtemps moins étudié que d’autres aspects de la Seconde Guerre mondiale, le STO reste une mémoire complexe. Joël Drogland a notamment souligné les divisions qu’il a provoquées dans la société française, entre travailleurs contraints, volontaires et réfractaires. Ces derniers, comme les travailleurs requis, ont souvent subi le mépris et le rejet, y compris après leur retour.
