Il y a des hommes dont le souvenir finit par se confondre avec celui d’une ville. À Sens, l’abbé Jacques Poupon est de ceux-là.
Chaque année, le 8 février rappelle sa disparition, en 1992. Et chaque année, quelques fidèles de sa mémoire se retrouvent au cimetière de Sens, devant la tombe de sa mère Jeanne, où une plaque rappelle son souvenir. Car l’abbé Poupon repose en Savoie, mais son histoire appartient aussi aux Sénonais.
Fondateur de La Savoyarde, colonie de vacances destinée aux enfants des familles les plus modestes, il fut également à l’origine du cinéma Brennus. Mais son engagement ne s’arrêtait pas là. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il se porta volontaire pour le STO afin de protéger de jeunes séminaristes sénonais impliqués dans le balisage de terrains destinés aux parachutages.
Curé, organisateur, résistant à sa manière : Jacques Poupon fut surtout un homme profondément tourné vers les autres.
L’association Les Amis de l’abbé Poupon, qui entretient sa mémoire, connaît aujourd’hui le vieillissement de ses membres. Reste alors une question essentielle : comment transmettre le souvenir d’un homme lorsque ceux qui l’ont connu disparaissent à leur tour ?
Peut-être simplement en continuant à raconter son histoire.
